Ingrédients à éviter dans les cosmétiques : quelles listes sont fondées et lesquelles font peur pour rien
COSMÉTIQUE NATURELLE
Les ingrédients à éviter dans les cosmétiques sont clairement délimités par le droit : les substances dont le risque est établi figurent dans les listes du règlement européen sur les produits cosmétiques, auquel renvoie aussi le droit suisse, et y sont soit interdites, soit autorisées seulement jusqu’à une concentration maximale. Ce qui figure sur les listes d’alerte privées est le plus souvent autorisé et critiqué par précaution, en raison d’allergies ou pour des questions environnementales. Ce qui compte, c’est donc la logique selon laquelle une liste évalue, et non le rouge plus ou moins vif attribué à une substance.
Quels ingrédients sont jugés préoccupants dans les cosmétiques ?
Dans les cosmétiques, les ingrédients jugés préoccupants relèvent de quatre groupes très différents, et la plupart des listes d’alerte les mettent dans le même sac. Le premier groupe est interdit. Le règlement européen sur les produits cosmétiques recense à l’annexe II les substances interdites, à l’annexe III celles dont l’usage est restreint et aux annexes IV à VI les colorants, conservateurs et filtres UV autorisés. Selon l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), l’ordonnance suisse sur les denrées alimentaires et les objets usuels renvoie précisément à ce règlement. Le deuxième groupe est autorisé, mais avec des concentrations maximales ou des avertissements. Le troisième est autorisé et controversé : il réunit des substances au sujet desquelles des spécialistes, des associations ou des applications expriment des réserves, sans qu’une autorité ait constaté de risque dans des conditions d’utilisation normales. Le quatrième n’a pas grand-chose à voir avec la dangerosité : ce sont des substances qui déclenchent des allergies ou des irritations chez certaines personnes. Pour ta peau, ce groupe peut compter davantage que n’importe quelle liste, car il ne concerne pas tout le monde, mais toi.
Comment naissent les listes d’alerte et qui évalue les substances ?
Les listes d’alerte ont deux origines : d’un côté les évaluations des autorités et des comités scientifiques, de l’autre les appréciations d’organisations, de médias et d’applications qui appliquent leurs propres critères. Au niveau européen, le comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (SCCS) évalue chaque substance avant qu’elle soit interdite, restreinte ou autorisée dans les annexes. Le produit fini, en revanche, relève de la responsabilité de l’entreprise qui le vend. La fiche d’information n° 26 du canton d’Argovie résume ainsi les règles suisses : les cosmétiques n’ont besoin ni d’être notifiés ni d’être autorisés, mais avant sa première mise en vente, chaque produit doit disposer d’un dossier d’information sur le produit comprenant un rapport sur la sécurité établi par une personne qualifiée. Ce sont les cantons qui contrôlent. Les listes privées fonctionnent autrement. Elles évaluent souvent une propriété de la substance, et non la quantité dans laquelle elle se trouve dans le produit, et elles fondent en une seule couleur des critères comme le potentiel allergisant, l’impact environnemental et de simples soupçons. Ce n’est pas faux, mais cela répond à une autre question que celle que se pose l’autorité.
Quelle est la différence entre l’évaluation des autorités et le principe de précaution ?
Une évaluation officielle se demande si une substance présente un risque dans la quantité et l’usage réels ; le principe de précaution se demande si elle pourrait présenter un risque tout court. Les lignes directrices du SCCS décrivent une évaluation de la sécurité en plusieurs étapes. On identifie d’abord le danger, c’est-à-dire la propriété susceptible, en principe, de nuire à la santé. On calcule ensuite la quantité qui pénètre réellement dans l’organisme dans des conditions d’utilisation normales. Seule la comparaison de ces deux valeurs permet d’établir le risque. En règle générale, le SCCS retient une marge de sécurité d’au moins 100 entre la dose qui n’a encore montré aucun effet nocif dans les études et l’absorption calculée chez l’être humain. Le principe de précaution intervient plus tôt : lorsque les données manquent ou se contredisent, on préfère éviter la substance. Les deux approches sont légitimes. Cela ne devient problématique que lorsqu’une liste applique la précaution tout en donnant l’impression d’avoir démontré un risque. « Pas définitivement établi » devient alors vite « toxique », et c’est précisément là que naît la panique.
| Classement | Qui décide | Ce que cela signifie pour toi |
|---|---|---|
| Interdit (annexe II) | Droit européen, repris en Suisse par renvoi | Ne doit se trouver dans aucun produit vendu légalement |
| Restreint (annexes III, V, VI) | Droit européen, après évaluation du SCCS | Autorisé jusqu’à la concentration maximale, parfois avec avertissement |
| Controversé | Organisations, médias, applications | Choix de précaution, pas de risque démontré |
| Intolérance individuelle | Ta peau, idéalement avec un bilan médical | Pertinent pour toi, indépendamment de toute liste |
Quelles familles de substances sont le plus souvent citées et que faut-il en penser ?
Les conservateurs, les silicones, les huiles minérales, les parfums et les microplastiques sont ceux qui reviennent le plus souvent sur les listes d’alerte, et chacun de ces groupes est critiqué pour une raison différente. Il ne sert donc à rien de les traiter en bloc. L’essentiel, groupe par groupe :
- Parabènes : quelques-uns sont interdits, d’autres restent autorisés dans certaines limites. Les détails se trouvent dans l’article sur les parabènes cosmétiques.
- Phénoxyéthanol : un conservateur répandu, soumis à une concentration maximale et très discuté. L’article dédié fait le point sur la question de savoir si ce conservateur est vraiment préoccupant.
- Silicones : la critique porte davantage sur la sensation au toucher et sur l’environnement que sur la santé. Pour en savoir plus, lis l’article sur les silicones dans les cosmétiques.
- Composés PEG : des émulsifiants pour lesquels le débat porte sur les impuretés issues de la fabrication et sur la question de savoir s’ils rendent la barrière cutanée plus perméable. Le point complet se trouve dans l’article sur les PEG dans les cosmétiques.
- Huile minérale : le débat tourne autour de la pureté et des contaminants. Il est analysé dans l’article sur l’huile minérale dans les cosmétiques.
- Parfums : il s’agit d’allergies, pas de toxicité, et cela vaut tout autant pour les sources de parfum naturelles.
- Microplastiques : la critique relève surtout de l’environnement, et la question est désormais encadrée par la loi dans l’UE comme en Suisse.
Les ingrédients comédogènes forment une catégorie à part. Ils ne sont pas considérés comme préoccupants pour la santé, mais figurent sur de nombreuses listes parce qu’ils favoriseraient les points noirs chez certains types de peau. Là aussi, la formule finale compte davantage que la matière première prise isolément.
Que faut-il penser des substances à effet hormonal ?
Les substances à effet hormonal sont un sujet assez sérieux pour que les autorités les examinent de manière ciblée, mais bien moins alarmant que ne le laissent entendre les listes d’alerte. Tout repose sur une distinction que le SCCS décrit en détail dans ses lignes directrices : une substance à activité endocrinienne peut interagir avec le système hormonal, par exemple avec un récepteur en culture cellulaire. Elle n’est considérée comme un perturbateur endocrinien que si un lien biologiquement plausible entre cette activité et un effet nocif dans l’organisme intact est établi. Le SCCS souligne expressément que des substances naturelles comme synthétiques peuvent interagir avec le système hormonal et que ces perturbations peuvent rester dans les limites des mécanismes de régulation de l’organisme. Beaucoup de listes collent pourtant l’étiquette « à effet hormonal » dès qu’une activité est observée en laboratoire. Cela concerne aussi des substances végétales. Le bakuchiol, présent dans notre crème, montre une activité de type œstrogénique dans des essais sur cellules. Ce que cela signifie lors d’une application sur la peau n’a pas été étudié. La seule affirmation honnête est donc celle-ci : The Duo ne contient pas d’hormones. Si tu as des doutes pendant une grossesse ou en raison d’une maladie, le mieux est de vérifier les substances concernées avec ton médecin.
Comment reconnaître des cosmétiques sans risque, sans céder à la panique ?
Tu reconnais des cosmétiques sans risque à une déclaration complète et vérifiable et à des critères adaptés à ta peau, pas à une étiquette chargée du plus grand nombre possible de mentions « sans ». Un « sans » ne vaut que ce que vaut ce qui le remplace dans la formule. Plus utile : une courte routine de vérification, que tu appliques de la même façon à chaque produit.
- Liste INCI entièrement accessible, sur l’emballage et en ligne, pour que tu puisses la lire tranquillement.
- Vérifier les parfums : le parfum, les huiles essentielles et les allergènes parfumants déclarés sont le point le plus important pour une peau sensible.
- Privilégier une liste courte : moins il y a de substances, plus il est facile de trouver ce à quoi tu réagis.
- Lire les arguments publicitaires avec recul : un message qui fait peur n’est pas un gage de qualité.
- Observer ta propre réaction : introduire un nouveau produit seul et observer ta peau pendant deux à trois semaines.
Ce que la mention « sans additifs » signifie juridiquement et pourquoi ce n’est pas un terme protégé, tu le découvriras dans l’article sur la cosmétique suisse sans additifs. Si tu penses sur le long terme, une barrière cutanée stable compte davantage que la chasse à l’étiquette parfaite ; c’est aussi l’idée qui sous-tend la skin longevity. The Duo, composé d’un sérum et d’une crème, est un exemple de liste courte et vérifiable : sans parfum, sans parabènes, silicones, huile minérale ni microplastiques. Dans son avis sur Judge.me, Barbara F. écrit : « Deux produits, des ingrédients clairs, rien de superflu. » (avis traduit de l’allemand).
Si ta peau réagit à de nombreux produits, aucune liste d’alerte ne t’aidera autant qu’un test épicutané chez une ou un dermatologue. Tu sauras ensuite quelles substances éviter concrètement, au lieu de rayer par précaution des groupes entiers.
J’ai délibérément conçu The Duo sans parfum, et sans parabènes, silicones, huile minérale ni microplastiques. Non pas parce que toutes ces substances seraient dangereuses, mais parce que le parfum n’a aucune fonction dans un soin, alors qu’il est une source d’inconfort bien connue pour les peaux sensibles, et parce que je voulais une liste que tu puisses parcourir en quelques minutes. Se passer complètement de conservateurs reste impossible : le Duo contient du Sodium Benzoate et du Sodium Levulinate, et je l’écris noir sur blanc. Une liste courte ne garantit pas que chaque peau tolère tout. Mais elle t’aide à le découvrir plus facilement. C’est pourquoi la liste INCI complète de tous les ingrédients est librement accessible sur notre site, pour la consulter et comparer, sans que tu aies à me croire sur parole.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre danger et risque pour un ingrédient ?
Le danger est la propriété d’une substance de pouvoir nuire en principe ; le risque est la probabilité que cela se produise réellement dans des conditions d’utilisation réelles. Pour évaluer le risque, ce qui compte, c’est la quantité de substance dans le produit, la fréquence à laquelle tu l’appliques et la part qui pénètre dans l’organisme. Une substance très dangereuse peut donc être sûre en petite quantité.
Les interdictions européennes sur les cosmétiques s’appliquent-elles aussi en Suisse ?
Oui, en grande partie. L’ordonnance suisse sur les denrées alimentaires et les objets usuels renvoie au règlement européen sur les produits cosmétiques dans sa version actualisée, avec ses listes de substances interdites et restreintes. Quelques rares divergences sont réglées directement par l’ordonnance suisse sur les cosmétiques. Un ingrédient cosmétique interdit dans l’UE n’est donc en général pas autorisé non plus en Suisse.
Les microplastiques sont-ils encore autorisés dans les soins du visage ?
Seulement avec des délais transitoires. En Suisse, l’ordonnance sur la réduction des risques liés aux produits chimiques interdit depuis le 1er décembre 2025 les microplastiques ajoutés intentionnellement. Les gommages contenant des microbilles ne peuvent plus être mis sur le marché depuis le 1er juin 2026. Pour les soins du visage qui restent sur la peau, le délai transitoire court jusqu’au 17 octobre 2029, et jusqu’en 2035 pour le maquillage et les produits pour les lèvres et les ongles.
Qui contrôle les cosmétiques en Suisse ?
Le contrôle relève des cantons, le plus souvent du laboratoire cantonal ou de l’office de la protection des consommateurs. Il n’existe pas d’autorisation préalable à la vente. Dans le cadre de l’autocontrôle, l’entreprise doit s’assurer elle-même que son produit est sûr et tenir à disposition un dossier d’information sur le produit comprenant un rapport sur la sécurité établi par une personne qualifiée.
Les substances naturelles sont-elles forcément sans risque ?
Non. Les substances naturelles peuvent déclencher des allergies tout autant que les synthétiques. Une synthèse publiée dans la revue spécialisée Dermatitis relève que près de 80 huiles essentielles ont déjà provoqué des allergies de contact. Le SCCS souligne lui aussi que des substances naturelles comme synthétiques peuvent interagir avec le système hormonal. L’origine d’un ingrédient en dit donc peu sur sa tolérance.
Les applications de cosmétiques sont-elles fiables ?
Les applications de cosmétiques sont aussi fiables que les critères sur lesquels elles fondent leur évaluation, et beaucoup ne connaissent pas la quantité d’une substance dans le produit. Ce que valent les applis cosmétiques comme Yuka et INCI Beauty et où se situent leurs limites, tu le découvriras dans l’article qui leur est consacré.
Quelles substances controversées ne trouve-t-on pas dans The Duo ?
The Duo ne contient ni parfum, ni huiles essentielles, ni phénoxyéthanol, ni parabènes, ni silicones, ni huile minérale ou paraffine, ni microplastiques, ni Alcohol denat. Il est conservé avec du Sodium Benzoate et du Sodium Levulinate. Tu peux vérifier la liste complète à tout moment avant de choisir The Duo.
Sources
- Bundesamt für Lebensmittelsicherheit und Veterinärwesen BLV. Geregelte Stoffe in kosmetischen Mitteln. BLV, consulté en 2026. Source
- Kanton Aargau, Departement Gesundheit und Soziales, Amt für Verbraucherschutz. Merkblatt Nr. 26: Vertrieb von Kosmetika in der Schweiz. Stand 26.03.2026. Source
- Scientific Committee on Consumer Safety SCCS. The SCCS Notes of Guidance for the Testing of Cosmetic Ingredients and their Safety Evaluation, 12th Revision. SCCS/1647/22, Corrigendum 2, 2023. Source
- Schweizerischer Bundesrat. Verordnung zur Reduktion von Risiken beim Umgang mit bestimmten besonders gefährlichen Stoffen, Zubereitungen und Gegenständen (Chemikalien-Risikoreduktions-Verordnung, ChemRRV, SR 814.81), Anhang 2.9 Ziffer 1 Mikroplastik. Stand 16.07.2026. Source
- de Groot AC, Schmidt E. Essential Oils, Part IV: Contact Allergy. Dermatitis, 2016. Source
