Peau sensible au printemps : pourquoi elle réagit après l’hiver

PROBLÈMES DE PEAU

Si ta peau est sensible au printemps, c’est souvent parce qu’elle aborde une saison riche en nouvelles agressions avec une barrière affaiblie par l’hiver : un soleil plus fort, le pollen, le vent et de brusques écarts entre journées chaudes et nuits froides. Tiraillements, démangeaisons et sensations de brûlure relèvent donc le plus souvent d’une phase de transition, pas d’un nouveau type de peau. Ce qui aide le plus : une routine stable, sans nouvelles expériences, et une protection solaire que tu prends de nouveau au sérieux. Si des plaques d’urticaire, des gonflements ou des zones suintantes apparaissent, il faut consulter un médecin.

Pourquoi la peau devient-elle sensible au printemps ?

La peau devient sensible au printemps parce que deux contraintes se superposent : les séquelles de l’hiver et les premières agressions de la nouvelle saison. Une revue de littérature parue dans le Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology a analysé les études sur l’humidité de l’air, la température et la peau. Résultat : une faible humidité et des températures basses affaiblissent de manière générale la fonction barrière de la peau, qui devient alors plus réactive aux substances irritantes et aux allergènes. C’est exactement dans cet état qu’elle sort d’un hiver fait de chauffage, de froid et de bise. Une barrière affaiblie ne se rétablit pas du jour au lendemain, et pendant qu’elle récupère, le printemps a déjà commencé. Ce qui aide pendant l’hiver lui-même est expliqué dans l’article consacré à la crème visage en hiver. Ici, il s’agit du moment d’après, quand le froid recule et que la peau ne retrouve pourtant pas son calme.

Une étude publiée dans le Journal of Cosmetic Dermatology auprès de 140 participants confirme que les saisons changent la peau de façon mesurable. Elle a comparé peaux saines et peaux sensibles en hiver et en été, et constaté entre les deux saisons des différences significatives de perte en eau à travers la peau, de pH et de microcirculation cutanée, et ce dans tous les groupes étudiés. Les peaux sensibles réagissaient plus ou moins fortement selon le sous-groupe. Le printemps, c’est la période de transition entre les deux. Si ta peau te semble différente à cette période, tu ne te fais donc pas d’idées : elle s’adapte à d’autres conditions.

Que fait à la peau le passage du chauffage au soleil de printemps ?

Le passage du chauffage au soleil de printemps oblige la peau à s’adapter en quelques semaines, et souvent même au cours d’une seule journée, à des conditions complètement différentes. En mars et en avril, le chauffage tourne encore la plupart du temps à l’intérieur, alors que dehors, à midi, le soleil tape déjà fort ; le matin et le soir, il fait frais, et certains jours, la bise souffle. La peau oscille entre air sec intérieur, vent et chaleur. Typiquement, elle tiraille et brille par endroits en même temps, ou semble rêche après le lavage alors que l’hiver est passé. Le plus souvent, c’est l’eau qui manque dans la couche cornée, pas les lipides. L’article sur la peau déshydratée explique comment faire la différence.

En automne, le même phénomène se produit en sens inverse. Si tu as déjà observé comment la peau change après l’été, tu connais le schéma : la peau montre les contraintes avec un temps de retard, et le réflexe d’acheter aussitôt de nouveaux produits améliore rarement les choses. Le tableau ci-dessous classe les déclencheurs typiques du printemps.

Déclencheur au printemps Ce que tu remarques sur ta peau Ce qui est judicieux
Dernières semaines de chauffage Tiraillements, zones rêches, teint terne Garder sa routine, ajuster la quantité selon la sensation de la peau
Premier soleil fort Rougeurs, brûlures, coup de soleil rapide Protection solaire quotidienne sur le visage, surveiller l’indice UV
Pollens dans l’air Démangeaisons, brûlures autour des yeux et du nez Le soir, nettoyer le visage à l’eau, sans frotter
Vent et écarts de température Rougeurs sur les joues, picotements Ne pas sauter la crème comme dernière étape
Nouveaux produits lors du grand ménage de printemps Réactions difficiles à attribuer, brûlures à l’application Un seul nouveau produit à la fois

Pourquoi le visage gratte-t-il et brûle-t-il pendant la saison des pollens ?

Pendant la saison des pollens, le visage gratte et brûle surtout chez les personnes allergiques au pollen, parce qu’il est découvert et reçoit les pollens de plein fouet. S’y ajoutent les yeux qui larmoient, le nez qu’on mouche sans cesse et les frottements, qui malmènent encore davantage la peau autour des yeux et du nez. Une étude transversale publiée dans la revue Allergology International, menée au Japon auprès de 4119 patientes et patients souffrant de rhume des foins pendant la saison des pollens de cèdre et de cyprès, montre à quel point la peau réagit souvent elle aussi : 48,4 % ont signalé des troubles cutanés, et près de la moitié d’entre eux ont constaté une aggravation pendant la saison des pollens. Chez 64,8 % des personnes souffrant de troubles cutanés, le visage était touché. Dans cette étude, celles qui avaient des troubles cutanés plus marqués souffraient aussi plus souvent d’un rhume des foins sévère.

Une étude contrôlée parue dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology montre que le pollen peut lui-même déclencher une réaction sur la peau. Des adultes atteints de dermatite atopique et dont la sensibilisation aux graminées était avérée ont passé deux jours dans une chambre d’exposition où ils recevaient du pollen de graminées ; un groupe de comparaison y recevait de l’air propre. La dermatite atopique s’est aggravée de manière significative, surtout sur les zones de peau exposées à l’air et moins sur les zones couvertes. Ces résultats concernent un groupe de personnes bien précis et ne s’appliquent pas à toutes les peaux. Mais ils expliquent pourquoi c’est souvent le visage qui réagit en premier au printemps. Si ta peau réagit en même temps à beaucoup de choses, mieux vaut te pencher sur les causes d’une peau sensible avant de chercher un nouveau produit.

Faut-il changer de soins au printemps ?

Non, dans la plupart des cas, tu n’as pas besoin de changer de soins au printemps : il suffit d’ajuster deux choses, la quantité selon la sensation de ta peau et la protection solaire. Changer toute ta routine au moment précis où la barrière est encore fragilisée apporte de nouvelles agressions dans une phase déjà réactive. Certaines peaux ont besoin de soins moins riches quand l’humidité de l’air augmente, d’autres restent sèches toute l’année. C’est la sensation de ta peau qui décide, pas le calendrier. Savoir reconnaître une barrière cutanée endommagée et ce dont elle a besoin est une question plus utile que la recherche d’une crème de printemps. Avec une routine sérum et crème comme The Duo, l’application reste la même toute l’année : matin et soir, d’abord le sérum plus léger, puis la crème. Pour les peaux sèches, le mode d’emploi prévoit un peu plus de produit. La seule nouveauté du printemps, c’est la protection solaire le matin.

  • Ce qui reste : nettoyage doux, sérum, crème, matin et soir.
  • Ce qui s’ajoute : une protection solaire quotidienne sur le visage dès que tu sors.
  • Ce dont tu peux te passer : cure de gommage de printemps, masques détox, trois nouveaux sérums d’un coup.
  • Ce qui peut attendre : n’introduire de nouveaux actifs que lorsque la peau s’est calmée, et un par un.

Si tu as quand même envie d’essayer quelque chose de nouveau au printemps, fais-le produit par produit, en laissant une à deux semaines entre chacun. En cas de réaction, tu sauras d’où elle vient, au lieu d’avoir cinq suspects en même temps.

À partir de quand faut-il renforcer la protection solaire ?

Il faut renforcer la protection solaire dès que le soleil remonte dans le ciel au printemps et que tu passes plus de temps dehors, donc sans attendre l’été. MétéoSuisse explique que le rayonnement UV varie non seulement au fil de la journée, mais aussi au fil de l’année, parce qu’il dépend de la hauteur du soleil. À chaque mois de printemps, le soleil monte plus haut et le rayonnement au sol se renforce. Or, après l’hiver, la peau n’est pratiquement plus habituée au soleil. En montagne, les choses se corsent : selon MétéoSuisse, l’intensité du rayonnement augmente de 10 à 12 % tous les 1000 mètres, et une surface enneigée peut renvoyer jusqu’à 80 % du rayonnement solaire. Une journée de ski ensoleillée en mars ou une randonnée de printemps au-dessus de la limite des neiges est donc bien plus exigeante pour la peau du visage que ne le laisse croire la température de l’air.

Beaucoup de crèmes visage ne contiennent pas de facteur de protection solaire, et c’est au printemps qu’on s’en rend compte pour la première fois de l’année. Dans son avis sur Judge.me, Irène S. écrit : « La protection solaire me manque un peu » (avis traduit de l’allemand). C’est une remarque honnête, et la solution est une protection solaire séparée, en dernière étape le matin. L’article sur la crème solaire pour le visage explique en détail quel indice suffit au quotidien et comment l’associer au sérum et à la crème.

Quand s’agit-il d’une allergie et non d’une question de soins ?

Une allergie ou une maladie de peau est plus probable lorsque les troubles reviennent chaque printemps, coïncident avec le rhume des foins ou vont au-delà de ce que fait une peau sèche et irritée. Tiraillements et légères sensations de brûlure après l’hiver font partie de la transition. Certains signes ne relèvent toutefois pas des soins, mais d’un ou d’une spécialiste : ton médecin de famille, une ou un dermatologue ou un bilan allergologique.

  • De l’urticaire, c’est-à-dire des plaques en relief qui démangent, apparaissent puis disparaissent.
  • Des gonflements des paupières ou des lèvres.
  • Des zones suintantes, squameuses ou très rouges qui ne s’améliorent pas malgré des soins doux.
  • Des réactions qui surviennent toujours après un produit précis ou après un moment passé dehors.
  • Une dermatite atopique connue qui s’aggrave pendant la saison des pollens.

Une crème ne permet ni d’exclure ni de confirmer une allergie : il faut pour cela un bilan médical. Pendant cette période, les soins peuvent accompagner la peau en ne l’irritant pas davantage, mais ils ne remplacent pas un diagnostic.

The Shield ne contient pas de facteur de protection solaire, et c’est un choix délibéré. Une crème que tu utilises matin et soir, toute l’année de la même manière, ne peut pas être en même temps une bonne protection solaire. La crème solaire doit s’appliquer généreusement et se renouveler pendant la journée, et le soir, tu n’en as pas besoin du tout. C’est au printemps que cette séparation se fait le plus sentir. Le sérum et la crème restent les mêmes ; la nouvelle étape la plus importante, c’est la protection solaire séparée par-dessus. Cela veut aussi dire que le Duo ne te protège pas des coups de soleil : il ne le peut pas et ne doit pas faire semblant. La façon dont le sérum et la crème s’articulent au quotidien est décrite dans le mode d’emploi. La protection solaire vient ensuite, en dernière étape le matin.

Questions fréquentes

La fatigue printanière se voit-elle sur la peau ?

La fatigue printanière n’est pas un diagnostic médical, et rien ne prouve qu’elle se manifeste spécifiquement sur la peau. Si la peau paraît terne après l’hiver, c’est généralement la sécheresse qui est en cause : une surface rugueuse réfléchit la lumière de façon moins homogène. L’hydratation, une crème en dernière étape et un peu de patience changent davantage cette impression qu’un produit « coup d’éclat ».

La peau peut-elle réagir au pollen ?

Oui, surtout chez les personnes allergiques au pollen ou atteintes de dermatite atopique. Des études montrent qu’en cas de rhume des foins, la peau réagit souvent elle aussi, et que le visage est fréquemment touché. Chez des personnes atteintes de dermatite atopique et allergiques aux graminées, l’état de la peau s’est aggravé après un contact avec le pollen, surtout sur les zones découvertes. Des troubles récurrents pendant la saison des pollens justifient un bilan allergologique.

Dois-je faire un gommage au printemps ?

Tu n’as pas besoin de faire un gommage au printemps, même si l’idée du grand ménage de printemps est tentante. Si la peau est irritée après l’hiver, un gommage sollicite encore davantage la barrière. Si tu veux exfolier, fais-le en douceur, rarement et pas en même temps que d’autres nouveaux produits. Ensuite, la protection solaire est particulièrement importante.

Ai-je besoin d’une crème plus légère au printemps ?

Pas forcément. Certaines peaux se contentent de soins moins riches quand l’humidité de l’air augmente, mais les peaux sèches et matures restent souvent sèches toute l’année. Ce qui compte, c’est la sensation de ta peau l’après-midi : si elle tiraille, le soin n’est pas trop riche. Si elle brille beaucoup ou semble couverte d’un film, tu peux réduire la quantité.

Pourquoi ai-je plus de boutons au printemps ?

Il n’existe pas de cause unique et bien établie aux boutons de printemps. Parmi les suspects fréquents : une nouvelle protection solaire riche, une transpiration plus abondante lors des premiers jours chauds, le fait de se toucher souvent le visage en cas de rhume des foins ou trop de nouveaux produits d’un coup. Vérifie d’abord ce qui a changé dans ta routine. Si les imperfections persistent pendant des semaines, fais-les examiner par un ou une dermatologue.

Comment protéger ma peau des premiers rayons du soleil ?

Avec une protection solaire quotidienne sur le visage dès que tu sors, sans attendre l’été. Consulte l’indice UV, évite le soleil de midi pendant les premières semaines chaudes et pense à un chapeau ou à une casquette. En montagne et sur la neige, le rayonnement est nettement plus fort : la protection solaire y a sa place sur le visage même quand il fait frais.

Dois-je utiliser The Duo différemment au printemps ?

Non. L’application reste la même toute l’année : nettoyer le visage à l’eau, puis 3 à 6 gouttes de sérum et ensuite 3 à 6 pressions de crème, matin et soir. Pour une peau sèche, tu peux en mettre un peu plus. Comme The Duo ne contient pas de facteur de protection solaire, une protection solaire séparée s’ajoute le matin au printemps, en dernière étape.

Sources

  1. Engebretsen KA, Johansen JD, Kezic S, Linneberg A, Thyssen JP. The effect of environmental humidity and temperature on skin barrier function and dermatitis. Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology, 2016. Source
  2. Jiang W, Wang J, Zhang H, Xu Y, Jiang C, Yang J et al. Seasonal changes in the physiological features of healthy and sensitive skin. Journal of Cosmetic Dermatology, 2022. Source
  3. Simamura A, Sato S, Matsuoka T, Ishii H, Sakurai D. Skin symptoms during the pollen seasons and their association with the severity of seasonal allergic rhinitis in Yamanashi, Japan. Allergology International, 2026. Source
  4. Werfel T, Heratizadeh A, Niebuhr M, Kapp A, Roesner LM, Karch A et al. Exacerbation of atopic dermatitis on grass pollen exposure in an environmental challenge chamber. Journal of Allergy and Clinical Immunology, 2015. Source
  5. Bundesamt für Meteorologie und Klimatologie MeteoSchweiz. UV-Index. Wetter und Klima von A bis Z. Source
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À propos de l’auteur : Dominic Bertschin est le fondateur de Kompromisslos et développe des soins minimalistes et vegan pour le marché suisse. Chaque article s’appuie sur son travail de formulation de nos propres soins. En savoir plus sur Dominic Bertschin