Crème protectrice contre le froid pour le visage : quand en as-tu besoin et quand ta crème habituelle suffit-elle ?
ROUTINE
Une crème protectrice contre le froid pour le visage n’est utile que si tu passes plusieurs heures dehors par temps négatif, sous la bise ou face au vent, par exemple sur les pistes, en randonnée à ski ou à vélo. Pour aller au travail ou te promener, ta crème visage habituelle suffit, à condition qu’elle apporte des lipides et que tu l’appliques suffisamment tôt. Un point important : une couche grasse ne réchauffe pas. Ce sont le bonnet, l’écharpe et le casque qui protègent des gelures ; le baume protège seulement la surface de la peau du dessèchement causé par le vent.
As-tu besoin d’une crème protectrice contre le froid ou ta crème visage habituelle suffit-elle ?
Pour la plupart des journées d’hiver, ta crème visage habituelle suffit, tant qu’elle apporte des lipides proches de ceux de la peau et que tu ne l’appliques pas à l’arrêt de bus. En ville, tu ne restes généralement dehors que peu de temps d’affilée. Ce qui malmène la peau en hiver, outre le froid, c’est surtout l’air sec, dehors comme dans les pièces chauffées. Une revue publiée dans le Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology conclut qu’une faible humidité de l’air et des températures basses affaiblissent de manière générale la fonction barrière de la peau et la rendent plus vulnérable aux contraintes mécaniques. Ce qui aide, c’est un soin qui retient l’eau et réapporte des lipides, matin et soir. Un baume anti-froid sans eau ne devient utile que si tu restes longtemps dehors, si le vent te souffle directement au visage ou si tu te déplaces vite. Si ton visage tiraille et pèle déjà au bureau, le baume n’est pas la bonne piste. Mieux vaut alors regarder ce qui manque vraiment à une peau très sèche au visage.
Pour le quotidien, The Duo, avec le sérum The Essential et la crème The Shield, est pensé exactement ainsi : le matin après la toilette, le sérum, puis par-dessus la crème au céramide NP, au squalane et à l’huile de jojoba. Cela soutient la barrière cutanée pour le trajet jusqu’au travail, mais ne remplace pas un baume pour une journée à 2500 mètres d’altitude. Et en hiver, cela ne suffit pas à toutes les peaux. Dans son avis sur Judge.me, Daniela B. écrit : « Toutefois, en hiver, la crème n’apporte pas assez d’hydratation à ma peau mature et sèche. C’est pourquoi je la combine le soir avec une huile de soin naturelle […] » (avis traduit de l’allemand). Pour savoir comment une peau mature et sèche traverse bien toute la saison, lis notre article sur la crème visage en hiver pour la peau mature et sèche.
Quelle différence entre une crème protectrice contre le froid et une crème hydratante ?
La principale différence tient à la teneur en eau : une crème protectrice contre le froid contient peu ou pas d’eau, alors qu’une crème hydratante en est composée en grande partie. Les produits anti-froid classiques sont des baumes ou des pommades à base d’huiles, de cires, de beurres ou de vaseline. Ils déposent sur la peau un film gras qui freine la perte en eau et tient le vent à distance de la surface. Une crème hydratante est le plus souvent une émulsion huile-dans-eau : l’eau et des humectants comme la glycérine ou l’acide hyaluronique hydratent la couche supérieure de la peau, et les lipides viennent sceller le tout. Entre les deux se situent les crèmes riches eau-dans-huile, plus grasses au toucher, souvent vendues comme crèmes d’hiver ou cold creams. Aucun de ces produits n’est meilleur que les autres : ils ont des rôles différents. La crème hydratante soigne la peau au quotidien et soutient la barrière cutanée. Le baume est un film protecteur pour les heures passées dehors et ne remplace pas le soin appliqué en dessous.
| Produit | Teneur en eau | Ce qu’il fait | Utile pour |
|---|---|---|---|
| Crème hydratante (huile-dans-eau) | Élevée | Retient l’eau, apporte des lipides | Le quotidien, matin et soir |
| Crème riche (eau-dans-huile, souvent « cold cream ») | Le plus souvent plus faible | Film plus gras, freine la perte en eau | Peau très sèche, longues promenades |
| Baume anti-froid | Aucune | Film gras contre le vent et le dessèchement | Pistes, randonnée à ski, vélo par temps négatif |
| Vaseline pure | Aucune | Film très occlusif | Ponctuellement sur le nez, les lèvres et les pommettes |
Est-il vrai que l’eau de la crème gèle sur la peau ?
Que l’eau de la crème forme une couche de glace sur la peau n’est pas démontré tel quel, mais l’idée contient un fond de vérité : une crème contenant de l’eau, fraîchement appliquée, refroidit la peau tant que son eau s’évapore. Une équipe de recherche des forces armées finlandaises l’a mesuré sur un modèle de peau équipé d’une plaque chauffée et transpirante, avant de publier ses résultats dans Acta Dermato-Venereologica. L’évaporation d’une crème huile-dans-eau a nettement refroidi la surface pendant 40 minutes après l’application. En revanche, l’isolation thermique des pommades testées sur une surface sèche était minime. Les auteurs en concluent que, contre le froid, les pommades ont au mieux un effet physique négligeable et au pire un effet défavorable.
Pour toi, cela signifie deux choses. D’abord, n’applique pas ta crème habituelle juste avant de sortir, mais suffisamment à l’avance, idéalement dès le lever. Ainsi, l’eau a le temps de s’évaporer avant que tu affrontes le froid. Ensuite, n’attends d’aucune crème ni d’aucun baume qu’ils te tiennent chaud. Quand la peau gèle réellement, c’est surtout parce que le visage n’était pas couvert et qu’on est resté trop longtemps dans le froid. Aucune crème ne peut compenser cela.
Comment protéger ton visage du froid et du vent au ski ?
Au ski, ce sont avant tout le tissu, le masque et le casque qui protègent ton visage ; la crème ne vient qu’ensuite. Cela paraît banal, mais c’est la leçon d’une vaste étude publiée dans le British Medical Journal. Des chercheurs finlandais y ont comparé 913 recrues souffrant de gelures au visage ou aux oreilles à 2478 recrues indemnes. Ceux qui ne portaient pas de bonnet à rabats présentaient, pour les gelures à l’oreille, un odds ratio de 18,5, une mesure statistique de la force du lien entre un facteur et le risque. Chez ceux qui utilisaient des pommades protectrices, les odds ratios pour les gelures aux joues, aux oreilles et au nez s’élevaient respectivement à 3,3, 4,5 et 5,6, soit un risque plus élevé et non plus faible. Une étude ultérieure parue dans Acta Dermato-Venereologica fournit une explication possible : les pommades testées refroidissaient objectivement la peau du visage plus souvent qu’elles ne la réchauffaient, alors que la vaseline blanche donnait souvent une sensation de chaleur. Les chercheurs supposent que ce faux sentiment de sécurité pousse à négliger d’autres mesures de protection. Sur les pistes, un baume reste malgré tout utile, mais contre le dessèchement de la peau, pas contre les gelures.
- Applique ton soin habituel le matin suffisamment tôt pour qu’il ait pénétré avant de monter dans la télécabine.
- Un baume sans eau en fine couche sur le nez, les pommettes et le menton, là où le vent de la descente frappe.
- Un tour de cou que tu peux remonter sur le nez quand la bise souffle, avec un casque et un masque de ski bien ajusté.
- La crème solaire fait toujours partie d’une journée de ski, même si tu portes un baume.
Si tu veux savoir pourquoi les UV sur la neige sont un cas à part, lis notre article sur la crème solaire visage sur la neige et en montagne.
De quoi ta peau a-t-elle besoin quand tu cours ou fais du vélo en hiver ?
Quand tu cours ou roules à vélo en hiver, ta peau a surtout besoin d’être protégée du vent et de calme après la transpiration, bien plus que d’une épaisse couche grasse. En courant, tu te réchauffes, ton visage transpire et la sueur s’évapore dans le vent. Cela refroidit encore davantage et dessèche la surface de la peau. À vélo, le vent de face est encore plus fort, mais tu bouges moins, si bien que les joues et le nez se refroidissent plus vite. Pour une sortie d’une heure, ta crème habituelle suffit en général, à condition de l’appliquer suffisamment tôt avant le départ. Par temps négatif et sur de longs trajets à vélo, une touche de baume sur le nez et les joues vaut la peine, avec un bandeau ou un tour de cou que tu peux remonter face au vent. Multiplier les couches n’apporte pas grand-chose pendant le sport, car un film épais mêlé à la sueur devient plutôt désagréable. Après l’entraînement, prends une douche tiède plutôt que chaude et applique ton soin juste après. Si ton visage brûle et tiraille après chaque sortie, jette un œil à notre article sur la peau sensible au froid et ses déclencheurs les plus fréquents.
Comment prendre soin de ta peau après une longue journée dans le froid ?
Après une longue journée dans le froid, le mieux est de faire simple : nettoyer en douceur, appliquer hydratation et lipides, et remettre à plus tard les expériences avec des actifs puissants. Ce jour-là, ta peau a subi le vent, l’air sec et, le plus souvent, le soleil. Le soir, elle réagit donc souvent plus vivement à des produits qu’elle tolère bien d’habitude. L’eau chaude fait du bien après une journée sur les pistes, mais elle prive la peau d’encore plus de lipides. Les restes de baume et de crème solaire doivent tout de même partir, pour que, pendant la nuit, ta peau ne garde rien que tu n’aies pas appliqué volontairement.
- Retirer les restes de baume et de crème solaire avec un nettoyant doux, à l’eau tiède plutôt que chaude.
- Tamponner plutôt que frotter, surtout sur les joues rougies.
- Sérum et crème comme d’habitude, avec un peu plus de crème si besoin.
- Laisser de côté exfoliants, acides et rétinoïdes ce soir-là.
- Couvrir d’une fine couche les zones très sèches pour la nuit.
Pour ce dernier point, certaines personnes optent pour le slugging visage à la vaseline pendant la nuit ; pour la plupart, une couche de crème un peu plus généreuse suffit. Si ton visage reste rouge plusieurs jours, ce n’est plus une question de soin pour un soir, mais un sujet de rougeurs du visage et, si besoin, l’affaire d’une ou d’un dermatologue.
Des zones blanches, dures ou insensibles sur le nez, les joues ou les oreilles après une journée dans le froid ne relèvent pas du soin. Ne frotte pas, ne les réchauffe pas à l’eau chaude et fais-les examiner par un médecin.
J’ai délibérément choisi de ne mettre ni baume anti-froid ni facteur de protection solaire dans notre gamme. The Shield est une crème pour tous les jours, avec céramide NP, squalane et huile de jojoba, pensée pour le trajet jusqu’au travail et la soirée qui suit. Sur les pistes, tu as besoin de deux choses qu’elle ne peut pas t’offrir : un baume sans eau contre le vent de la descente et une crème solaire. Réunir les deux dans une crème de tous les jours aurait donné un produit trop lourd en ville et trop faible en montagne. Je préfère donc le dire franchement : pour une journée de ski, tu achètes ces deux produits séparément ; au quotidien, tu n’en as pas besoin. Pour voir comment le sérum et la crème s’enchaînent matin et soir, consulte le mode d’emploi du sérum et de la crème.
Questions fréquentes
À partir de quelle température une crème protectrice contre le froid est-elle utile ?
Il n’y a pas de température fixe : ce qui compte, c’est la durée, le vent et la vitesse. Un court trajet par moins cinq degrés sollicite moins la peau que deux heures de vélo à zéro degré avec le vent de face. En règle générale, si tu passes plusieurs heures d’affilée dehors par temps négatif ou face au vent, une fine couche de baume sur les zones exposées vaut la peine.
Puis-je utiliser de la vaseline pour protéger mon visage du froid ?
Oui, en fine couche sur le nez, les lèvres et les pommettes, la vaseline protège du vent et du dessèchement. Mais elle ne réchauffe pas. Dans une étude parue dans Acta Dermato-Venereologica, la vaseline blanche donnait souvent une sensation de chaleur, alors que les pommades testées refroidissaient objectivement la peau du visage plus souvent qu’elles ne la réchauffaient. Le bonnet et le tour de cou restent donc la véritable protection contre le froid.
Quelle quantité de crème protectrice contre le froid appliquer ?
Une couche fine, qui laisse un léger film. Une couche épaisse ne tient pas plus chaud : sur le modèle de peau, l’isolation thermique des pommades testées était minime. Concentre-toi sur le nez, les joues, le menton et les lèvres. Le front est généralement couvert par le casque ou le bonnet, et sous le masque de ski, tu n’as en principe besoin de rien de plus.
Une crème protectrice contre le froid bouche-t-elle les pores ?
Pour quelques journées de ski, c’est rarement un problème ; en couche épaisse tous les jours sur une peau à imperfections, davantage. Les baumes sans eau sont très couvrants et retiennent le sébum et la sueur sous le film. Si tu as tendance aux imperfections, applique-les seulement sur les zones exposées et retire le reste le soir avec un nettoyant doux.
Une cold cream, est-ce la même chose qu’une crème protectrice contre le froid ?
Pas tout à fait. La cold cream est un type de crème traditionnel à base d’eau, d’huile et de cire, dont le nom vient de la sensation de fraîcheur à l’application, et non d’une protection contre le froid. Aujourd’hui, beaucoup de crèmes d’hiver riches portent ce nom. Une crème protectrice contre le froid au sens strict est le plus souvent sans eau. Si l’eau (aqua) figure tout en tête de la liste des ingrédients, il s’agit plutôt d’une crème de soin.
Que faire quand le visage brûle après le froid ?
D’abord, rien d’actif : rince à l’eau tiède, ne frotte pas et applique une crème douce, sans parfum, sans acides ni rétinoïdes. Une brève sensation de brûlure quand la peau se réchauffe est fréquente et passe généralement vite. Si la peau devient blanche, dure ou insensible, ou si des cloques se forment, il faut consulter un médecin plutôt que recourir aux cosmétiques.
The Duo suffit-il pour une journée d’hiver dehors ?
Pour une journée d’hiver ordinaire en ville, oui ; pour une journée sur les pistes, pas à lui seul. The Duo hydrate et apporte, avec la crème The Shield, du céramide NP et du squalane, mais il ne contient ni film protecteur sans eau ni protection solaire. Pour une journée de ski, ajoute une fine couche de baume et une crème solaire, et applique The Duo le matin suffisamment tôt.
Sources
- Engebretsen KA, Johansen JD, Kezic S, Linneberg A, Thyssen JP. The effect of environmental humidity and temperature on skin barrier function and dermatitis. Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology, 2016. Source
- Lehmuskallio E, Anttonen H. Thermophysical effects of ointments in cold: an experimental study with a skin model. Acta Dermato-Venereologica, 1999. Source
- Lehmuskallio E, Lindholm H, Koskenvuo K, Sarna S, Friberg O, Viljanen A. Frostbite of the face and ears: epidemiological study of risk factors in Finnish conscripts. BMJ, 1995. Source
- Lehmuskallio E, Rintamäki H, Anttonen H. Thermal effects of emollients on facial skin in the cold. Acta Dermato-Venereologica, 2000. Source
