Vitamine C ou rétinol : quel actif intégrer en premier dans ta routine
ASSOCIER LES ACTIFS
Vitamine C ou rétinol : tu choisis selon ton objectif principal et selon ce que ta peau tolère. Le rétinol s’appuie sur les études les plus solides pour les ridules, mais il demande une période d’adaptation et s’utilise le soir. La vitamine C convient plutôt à un teint terne et aux taches pigmentaires, s’applique le matin et, sous une forme stable, offre en général l’entrée en matière la plus facile. Si ta peau est sensible et que tu veux commencer avec un seul actif, commence par la vitamine C.
Vitamine C ou rétinol : lequel est le meilleur ?
Aucun des deux n’est meilleur dans l’absolu, car ils ne remplissent pas la même mission et ne demandent pas le même effort à ta peau. Le rétinol est une forme de vitamine A que la peau transforme progressivement en acide rétinoïque et qui intervient dans son renouvellement. La vitamine C est un antioxydant qui neutralise les radicaux libres et participe à la formation du collagène. D’où la différence essentielle : le rétinol agit plus en profondeur sur les mécanismes de la peau et dispose donc de données plus solides sur les ridules. En contrepartie, il exige de la patience face aux rougeurs, à la desquamation ou aux sensations de brûlure des premières semaines. La vitamine C agit plus discrètement, surtout sur le teint et son uniformité, et s’utilise en général sans phase d’adaptation lorsqu’elle se présente sous une forme stable. La question utile n’est donc pas de savoir quel actif est le plus puissant, mais quel est ton objectif et quel degré d’irritation tu es prête à accepter pour l’atteindre. Les deux peuvent aussi s’utiliser à des moments différents. La marche à suivre est expliquée dans l’article Rétinol : avec quoi l’associer. Ici, il s’agit de choisir si tu veux commencer par l’un des deux.
| Critère | Vitamine C | Rétinol |
|---|---|---|
| Point fort | Teint uniforme, taches pigmentaires, protection antioxydante | Ridules, texture de la peau |
| Moment de la journée | Matin ou soir, le matin étant particulièrement judicieux | Le soir |
| Adaptation | En général aucune avec les formes stables | Plusieurs semaines, en augmentant progressivement |
| Réaction typique | Picotements, surtout avec l’acide L-ascorbique à pH acide | Rougeurs, desquamation, sensation de brûlure |
| Études sur les ridules | Existantes, plutôt de petite taille | Plus nombreuses et menées depuis plus longtemps |
| Protection solaire | Nécessaire, la vitamine C ne la remplace pas | Nécessaire, surtout pendant la phase d’adaptation |
S’il ne faut en choisir qu’un : lequel convient à qui ?
Si tu ne choisis qu’un seul actif, ce sont ton objectif principal et la sensibilité de ta peau qui décident ensemble, pas ton âge à lui seul. Un actif que tu abandonnes au bout de trois semaines à cause des sensations de brûlure t’apporte moins qu’un actif plus doux que tu utilises régulièrement pendant six mois. Pour l’un comme pour l’autre, la régularité est le vrai levier, car les changements visibles n’apparaissent qu’après des semaines, voire des mois. Mieux vaut donc être honnête sur ce que tu es prête à imposer à ta peau, et à toi-même. Si tu n’as pas envie d’une étape supplémentaire le soir avec un plan d’adaptation, le rétinol te satisfera rarement, même si les études plaident en sa faveur. Concrètement, la décision se présente ainsi :
- La vitamine C d’abord, si ton teint paraît terne, si des taches pigmentaires ou des traces de soleil te dérangent, ou si ta peau réagit vite aux nouveaux produits par des rougeurs.
- Le rétinol d’abord, si les ridules et la texture de la peau sont ta préoccupation principale, si ta peau est résistante et si tu es prête à augmenter l’application progressivement sur plusieurs semaines.
- Ni l’un ni l’autre pour l’instant, si ta peau tiraille, brûle ou pèle en ce moment. La barrière cutanée a d’abord besoin de calme, le nouvel actif viendra ensuite.
- Le rétinol uniquement après avis médical, si tu es enceinte ou souhaites le devenir.
C’est pour cette option bien tolérée qu’a été pensé The Duo, avec son sérum et sa crème : de la vitamine C sous la forme stable 3-O-éthyl, 2 % au total dans le Duo, 5 % de niacinamide en plus et, dans la crème, du bakuchiol à la place du rétinol. Ce n’est pas du rétinol sous un autre nom, mais une entrée en matière qui n’est pas conçue autour d’une phase d’adaptation au rétinol. Pour savoir si ton âge plaide déjà en faveur du rétinol, lis l’article Rétinol à partir de quel âge.
Que fait la vitamine C et que fait le rétinol ?
La vitamine C protège surtout contre le stress oxydatif et soutient la formation du collagène, tandis que le rétinol modifie le rythme de renouvellement de la peau et stimule la production de matrice cutanée. Une revue parue dans le Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology décrit la vitamine C comme l’un des antioxydants les plus puissants de la peau, qui freine en outre la formation de mélanine en inhibant l’enzyme tyrosinase. Le même article souligne toutefois que les études cliniques sur la vitamine C appliquée sur la peau sont limitées et que tout l’enjeu consiste à trouver une formulation stable qui pénètre bien. L’acide L-ascorbique pur est instable. Selon cette revue, un pH acide inférieur à 3,5 améliore sa stabilité, ce qu’une peau sensible peut ressentir. C’est pourquoi il existe des dérivés comme la vitamine C stable 3-O-Ethyl Ascorbic Acid, formulés à un pH plus doux pour la peau.
Pour le rétinol, le mécanisme est mieux documenté. Dans une étude publiée dans les Archives of Dermatology, du rétinol à 0,4 % a été appliqué pendant 24 semaines sur un bras de 36 personnes âgées, 87 ans en moyenne, l’autre bras recevant une base sans actif. L’amélioration des ridules a été significativement plus marquée du côté rétinol, et les prélèvements de peau réalisés dans un petit sous-groupe contenaient davantage de glycosaminoglycanes et de précurseurs du collagène. C’est toutefois la peau du bras de personnes très âgées qui a été testée, pas ton visage.
Quel actif choisir contre les ridules ?
Contre les ridules, le rétinol est le meilleur choix, car son effet sur la texture de la peau a été plus largement étudié que celui de la vitamine C. La vitamine C n’est pas pour autant dépourvue de données. Dans une étude parue dans les Archives of Otolaryngology – Head and Neck Surgery, 19 personnes âgées de 36 à 72 ans ont appliqué chaque jour pendant trois mois un sérum à l’acide ascorbique sur une moitié du visage, l’autre moitié recevant la base sans actif. Les ridules, la rugosité et le teint terne se sont davantage améliorés du côté vitamine C. C’est un signal intéressant, mais il provient d’une petite étude menée avec un sérum à l’acide ascorbique, pas avec les dérivés plus stables. Si les ridules sont ta seule préoccupation et que ta peau est résistante, les études plaident pour le rétinol. Si en revanche tu abandonnes le rétinol à chaque fois au bout de deux semaines, l’actif le mieux étudié ne t’apporte pas grand-chose. Sur une peau mature, beaucoup de ridules sont d’ailleurs des ridules de déshydratation, qui réagissent davantage à l’hydratation qu’à un actif de renouvellement. Pour savoir ce qui domine chez toi, consulte le comparatif Acide hyaluronique ou rétinol.
Quel actif choisir contre les taches pigmentaires ?
Contre les taches pigmentaires, la vitamine C est le premier choix le plus logique, car elle agit directement sur la formation de mélanine et trouve sa place le matin, sous la protection solaire. La revue du Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology explique que la vitamine C se lie aux ions cuivre situés au centre de la tyrosinase et inhibe ainsi l’enzyme qui produit la mélanine. Le rétinol peut lui aussi atténuer l’apparence des taches pigmentaires, mais plutôt indirectement, en accélérant le renouvellement de la couche supérieure de la peau. Dans une étude randomisée publiée dans le British Journal of Dermatology, le rétinol comme le bakuchiol ont réduit l’hyperpigmentation en douze semaines, sans différence statistique entre les deux. Aucun de ces actifs n’efface les taches, et sans protection solaire rigoureuse, tu luttes contre un assombrissement qui se renouvelle sans cesse. L’article sur les taches pigmentaires sur le visage explique comment elles se forment et ce qu’un soin peut réalistement accomplir. Des taches étendues et symétriques sur les joues et le front peuvent signaler un mélasma, qui doit être examiné par une ou un dermatologue.
Lequel est le plus facile à adopter pour une peau sensible ?
Pour une peau sensible, la vitamine C sous une forme stable est l’entrée en matière la plus facile, car le rétinol provoque typiquement des réactions pendant les premières semaines. Une revue publiée dans Clinical Interventions in Aging cite les sensations de brûlure, la desquamation et les dermatites parmi les réactions qui limitent l’acceptation des rétinoïdes chez les utilisatrices et utilisateurs. Le rétinol y est jugé nettement moins irritant que l’acide rétinoïque délivré sur ordonnance, mais il provoque souvent malgré tout une réaction. Dans l’étude du British Journal of Dermatology, 44 personnes ont appliqué pendant douze semaines soit du bakuchiol à 0,5 % deux fois par jour, soit du rétinol à 0,5 % une fois par jour. Le groupe rétinol a signalé plus souvent une desquamation et des sensations de brûlure au visage. L’article sur les effets secondaires du rétinol explique ce qui est normal dans ce cas et quand il vaut mieux arrêter.
La vitamine C n’est pas non plus douce par définition. Un acide L-ascorbique très acide peut picoter, alors que les dérivés stables sont formulés à un pH plus proche de celui de la peau. Dans son avis sur Judge.me, Carmen écrit : « Je supporte très bien le sérum, bien que je sois très sensible » (avis traduit de l’allemand). C’est une expérience isolée et non une garantie, mais elle montre ce qui compte vraiment avec cette entrée en matière : pouvoir t’y tenir dans la durée.
N’introduis qu’un seul nouvel actif à la fois et laisse-lui deux à trois semaines avant d’en ajouter un autre. Si ta peau réagit, tu sauras ainsi d’où cela vient.
Lors du développement, j’ai délibérément renoncé au rétinol. La crème contient du bakuchiol, le sérum de la vitamine C sous forme d’acide 3-O-éthyl ascorbique, car cette forme est plus stable que l’acide L-ascorbique pur. La concentration, je la publie : 2 % de vitamine C, calculés sur The Duo dans son ensemble. L’idée, c’est une entrée en matière qui ne suppose aucune phase d’adaptation au rétinol. Ce que le Duo ne sait pas faire : remplacer le rétinol si c’est précisément son effet que tu recherches. Dans ce cas, un produit au rétinol vient s’ajouter le soir à ta routine. Et comme ni le sérum ni la crème ne contiennent de facteur de protection solaire, il te faut en journée une protection solaire séparée. Quels actifs, et en quelle quantité : tout figure sur la page consacrée à nos actifs et à leurs concentrations.
Questions fréquentes
Quel actif convient le mieux à partir de 50 ans ?
À partir de 50 ans, les deux conviennent : ce qui compte, c’est l’état de ta peau, pas ton âge. Le rétinol agit aussi sur une peau âgée, comme le montre une étude menée auprès de personnes de 87 ans en moyenne. Mais une peau mature est souvent plus sèche et s’irrite plus vite. Si elle tiraille ou rougit facilement, mieux vaut commencer par la vitamine C et une bonne crème, puis ajouter le rétinol plus tard, progressivement.
La vitamine C suffit-elle pour une peau mature ?
Pour un teint plus uniforme et les taches pigmentaires, la vitamine C peut suffire sur une peau mature. Si ce sont surtout les ridules qui te dérangent, le rétinol s’appuie sur des études plus solides. Et « suffire » ne veut jamais dire sans protection solaire, ni sans une crème qui prend soin de la barrière cutanée. La vitamine C est une pièce du puzzle, pas un programme complet.
Quelle forme de vitamine C est la plus stable ?
Les dérivés comme l’acide 3-O-éthyl ascorbique sont plus stables que l’acide L-ascorbique pur et se formulent en outre à un pH plus doux pour la peau. L’acide L-ascorbique est certes la forme la mieux étudiée, mais il s’oxyde facilement et a besoin d’un milieu acide, sous pH 3,5, pour gagner en stabilité. Pour une peau sensible, ces dérivés sont souvent le compromis le plus pratique entre stabilité et tolérance.
Le rétinol agit-il plus vite que la vitamine C ?
Pas forcément. Les deux demandent des semaines, voire des mois : les études citées ici ont duré entre douze et 24 semaines. Ce qui apparaît plus vite avec le rétinol, c’est en général autre chose : des rougeurs ou une desquamation pendant la phase d’adaptation. Avec l’un comme avec l’autre, compte au moins trois mois d’utilisation régulière avant de juger.
Faut-il une protection solaire avec la vitamine C ?
Oui. En tant qu’antioxydant, la vitamine C neutralise une partie des radicaux libres produits par les UV, mais elle ne remplace pas un facteur de protection solaire. Les deux se complètent : la vitamine C le matin, sous la protection solaire, est un ordre logique. Sans protection solaire, la vitamine C s’attaque aux taches pigmentaires pendant que de nouvelles se forment chaque jour.
Quel actif est le plus simple à utiliser en été ?
En été, la vitamine C est la plus simple. Elle trouve sa place le matin sous la protection solaire et ne demande aucune adaptation. Tu peux aussi utiliser le rétinol le soir en été, mais seulement avec une protection solaire rigoureuse pendant la journée. Si tu débutes avec le rétinol, l’automne ou l’hiver sont plus tranquilles, car ta peau reçoit moins de soleil.
Quel rôle joue la vitamine C dans The Duo ?
Dans le sérum, la vitamine C se présente sous forme d’acide 3-O-éthyl ascorbique ; calculé sur l’ensemble du Duo, cela représente 2 % de vitamine C et 5 % de niacinamide. Le Duo ne contient pas de rétinol : la crème mise sur le bakuchiol. Si tu veux ajouter du rétinol, utilise-le le soir comme étape à part. Une protection solaire séparée reste nécessaire, car The Duo n’a pas de facteur de protection solaire.
Sources
- Kafi R, Kwak HS, Schumacher WE, Cho S, Hanft VN, Hamilton TA, et al. Improvement of naturally aged skin with vitamin A (retinol). Archives of Dermatology, 2007. Source
- Traikovich SS. Use of topical ascorbic acid and its effects on photodamaged skin topography. Archives of Otolaryngology – Head and Neck Surgery, 1999. Source
- Al-Niaimi F, Chiang NYZ. Topical Vitamin C and the Skin: Mechanisms of Action and Clinical Applications. Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology, 2017. Source
- Dhaliwal S, Rybak I, Ellis SR, Notay M, Trivedi M, Burney W, et al. Prospective, randomized, double-blind assessment of topical bakuchiol and retinol for facial photoageing. British Journal of Dermatology, 2019. Source
- Mukherjee S, Date A, Patravale V, Korting HC, Roeder A, Weindl G. Retinoids in the treatment of skin aging: an overview of clinical efficacy and safety. Clinical Interventions in Aging, 2006. Source
