Pattes d’oie : d’où elles viennent, que faire et ce que les soins changent vraiment
PEAU MATURE
Que faire contre les pattes d’oie ? Avant tout, freiner ce qui les cause : une protection solaire quotidienne, des lunettes de soleil pour ne plus plisser les yeux et un soin qui, grâce à l’hydratation, rend les ridules plus douces. Les pattes d’oie naissent du mouvement répété du muscle orbiculaire de l’œil, accentué par les UV et par la perte d’élasticité au fil des ans. Une crème peut atténuer leur aspect, mais la ride d’expression elle-même reste. Seul un traitement médical, par exemple à la toxine botulique, permet de la lisser nettement.
Que sont les pattes d’oie, et pourquoi apparaissent-elles justement au coin externe de l’œil ?
Les pattes d’oie sont des ridules en éventail au coin externe de l’œil, qui se forment sous l’effet des contractions répétées du muscle orbiculaire de l’œil. Ce muscle, appelé orbicularis oculi en anatomie, entoure l’œil comme un anneau et il est étroitement lié à la peau qui le recouvre. Quand il se contracte, il repousse la peau sur le côté en plis qui rayonnent à partir de l’œil. Tant que la peau est élastique, ces lignes s’effacent aussitôt que le visage se détend. Avec les années, la peau reprend moins bien sa forme, et la ligne d’expression finit par rester visible même sur un visage au repos. Si le coin de l’œil est concerné aussi tôt, c’est pour plusieurs raisons : la peau y est fine, elle compte peu de glandes sébacées, elle se plisse à chaque sourire et elle est exposée à la lumière sans protection.
Les pattes d’oie ne se ressemblent d’ailleurs pas chez tout le monde. Une revue publiée dans l’Aesthetic Surgery Journal, qui analyse les grandes études d’homologation consacrées aux pattes d’oie, distingue quatre schémas de répartition des lignes au coin de l’œil. Chez certaines personnes, elles s’étendent en éventail sur tout le coin de l’œil ; chez d’autres, elles se concentrent plutôt au-dessus ou en dessous.
Quel rôle jouent le rire, le clignement et le plissement des yeux ?
Le rire et le plissement des yeux sont les véritables déclencheurs des pattes d’oie, d’où leur surnom courant de rides du sourire. Il s’agit moins du clignement normal, qui ne fait que fermer les paupières, que de la contraction énergique qui accompagne un vrai sourire, un regard face à une lumière éblouissante ou la lecture sans lunettes adaptées. La partie latérale du muscle orbiculaire travaille alors particulièrement fort et plie la peau toujours aux mêmes endroits. Ce n’est pas une mauvaise habitude dont tu devrais te défaire. Rire fait partie de l’expression du visage, et les pattes d’oie sont les traces visibles de cette mimique. Ce sur quoi tu peux agir, ce sont les occasions évitables : une lumière vive sans lunettes de soleil, le travail sur écran avec des caractères trop petits ou une correction de lunettes qui n’est plus à jour.
S’y ajoute un amplificateur souvent sous-estimé. Quand la couche supérieure de la peau est sèche, elle forme en plus, au moment du sourire, de fines ridules qui se superposent à la véritable ligne d’expression. Les pattes d’oie paraissent alors plus profondes et plus nombreuses qu’elles ne le sont. C’est la partie que les soins modifient le plus vite, et c’est précisément pour cela qu’il vaut la peine de distinguer sécheresse et vraie ride avant de dépenser de l’argent pour de nouveaux produits.
Pourquoi les UV creusent-ils les pattes d’oie davantage que l’âge seul ?
Les UV creusent les pattes d’oie parce qu’ils dégradent le tissu conjonctif du derme plus vite que l’âge seul ne le ferait. Les rayons UVA pénètrent jusque dans le derme et y endommagent les fibres de collagène et d’élastine qui donnent à la peau sa fermeté. Sans cette fermeté, la peau pliée se lisse plus lentement après le sourire, puis plus du tout. Une étude parue dans la revue Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology a comparé 298 femmes de 30 à 78 ans qui soit recherchaient le soleil, soit l’évitaient. Les pattes d’oie y figuraient parmi les 18 signes de l’âge, sur les 22 étudiés, que l’équipe a classés comme particulièrement influencés par l’exposition aux UV. Les chercheurs en ont conclu que les UV semblent responsables de 80 % des signes visibles du vieillissement du visage.
Au coin de l’œil, le soleil agit doublement : il frappe directement une peau fine, et il te pousse à plisser les yeux. Si tu passes beaucoup de temps dehors, pour le sport, en montagne ou sur l’eau, tu plies donc la peau le plus fort précisément au moment où elle reçoit le plus de rayonnement. C’est l’âge qui fait apparaître les pattes d’oie. Leur profondeur, en revanche, dépend largement du soleil.
Que peut réellement faire une crème contre les pattes d’oie ?
Une crème peut rendre les pattes d’oie plus douces et moins visibles, mais elle ne peut pas effacer une ride d’expression. L’effet le plus important et le plus rapide vient de l’hydratation : une couche cornée bien hydratée est plus rebondie, les fines ridules autour de la ligne principale s’estompent et la lumière se reflète de façon plus homogène. Cette différence se voit assez vite, mais elle ne dure que tant que tu continues à appliquer ton soin. Sur plusieurs mois, des actifs bien étudiés peuvent en plus améliorer la texture de la peau. Mais même eux n’ont qu’un effet limité sur la ride que le muscle recrée chaque jour. Une ligne profondément marquée sur un visage détendu reste visible malgré les soins.
Nicole B. décrit bien à quoi ressemble une attente réaliste dans son avis sur Judge.me : « Les ridules ne disparaissent pas, ce qui n’est d’ailleurs pas le but […], mais l’expression d’ensemble devient plus douce » (avis traduit de l’allemand). C’est dans ce cadre que les soins agissent. The Duo, composé d’un sérum et d’une crème, mise pour cela sur deux couches : le sérum The Essential avec de la niacinamide et de l’acide hyaluronique en trois tailles moléculaires pour l’hydratation (5 % de niacinamide au total dans le Duo), puis, par-dessus, la crème The Shield avec céramide NP, bakuchiol et squalane, qui soutient la barrière cutanée. Aucun des deux produits ne contient de facteur de protection solaire : en journée, une protection solaire séparée fait donc partie de la routine.
Quels actifs ont fait leurs preuves au coin des yeux, et que tolère la peau à cet endroit ?
Pour les ridules au coin de l’œil, ce sont les mêmes familles d’actifs que sur le reste du visage qui ont fait leurs preuves ; la vraie question, à cet endroit, est celle de la tolérance. Les rétinoïdes disposent des meilleures données, mais irritent vite la peau fine sur le côté de l’œil, avec desquamation, rougeurs et sensations de brûlure. Le bakuchiol est ici une alternative sérieuse. Dans une étude randomisée en double aveugle publiée dans le British Journal of Dermatology et menée auprès de 44 participants, 0,5 % de bakuchiol deux fois par jour comme 0,5 % de rétinol une fois par jour ont réduit la surface des rides au bout de douze semaines, sans différence statistique entre les deux. Le groupe rétinol a toutefois signalé plus souvent desquamation et brûlures. Un article dédié détaille les bienfaits du bakuchiol pour la peau et son mode d’emploi. Les agents hydratants comme l’acide hyaluronique et la glycérine, ainsi que les actifs qui soutiennent la barrière comme les céramides et le squalane, sont en général bien tolérés dans cette zone et apportent la partie rapidement visible de l’effet. Pour une vue d’ensemble des actifs anti-rides bien étudiés, lis l’article qui explique quels actifs anti-rides ont fait leurs preuves. Pour le coin de l’œil, trois règles simples s’appliquent :
- Introduire les rétinoïdes progressivement : au début, seulement certains soirs de la semaine et à distance du bord de la paupière.
- Un seul nouvel actif à la fois : ainsi, en cas de réaction, tu sais d’où elle vient.
- Prendre les réactions au sérieux : brûlures, desquamation ou paupières gonflées sont une raison de faire une pause, pas de persévérer. Si un gonflement ne régresse pas ou si les yeux eux-mêmes sont touchés, c’est l’affaire d’une ou d’un médecin.
Quand les lunettes de soleil et la protection solaire apportent-elles plus que n’importe quelle crème ?
Les lunettes de soleil et la protection solaire apportent plus que n’importe quelle crème dès qu’il s’agit d’empêcher les pattes d’oie de se creuser. Une crème améliore ce qui est déjà là, la protection solaire freine ce qui arrive. C’est ce que montre une étude randomisée parue dans la revue Annals of Internal Medicine, menée auprès de 903 adultes de moins de 55 ans : le groupe qui appliquait chaque jour une protection solaire à large spectre ne présentait, au bout de 4,5 ans, aucune progression mesurable du vieillissement cutané, évalué d’après le microrelief de la surface de la peau. Par rapport au groupe qui utilisait une protection solaire à sa guise, le vieillissement cutané était inférieur de 24 %.
Au coin de l’œil, les lunettes de soleil agissent doublement. Elles tiennent le rayonnement à distance de la peau fine, et elles t’enlèvent toute raison de plisser les yeux face à une lumière éblouissante. Nous ne connaissons pas d’étude qui ait mesuré directement l’effet des lunettes de soleil sur les pattes d’oie. La logique est pourtant la même que pour la protection solaire : moins de rayonnement et moins de plissement. Un modèle bien ajusté, avec des branches larges, couvre aussi la zone latérale. La crème solaire elle-même s’applique jusqu’au rebord osseux autour de l’œil. Quelle crème solaire choisir et comment l’appliquer après le sérum et la crème : c’est ce qu’explique l’article sur la crème solaire visage quand ton soin est sans FPS.
Pense à la montagne en hiver : la neige réfléchit les UV, et c’est justement dans la neige éclatante que tu plisses le plus les yeux. Les lunettes de soleil ont alors autant leur place dans le sac à dos que la crème solaire.
Que peuvent le botox et les autres traitements, et quand n’est-ce plus une question de soins ?
La toxine botulique lisse les pattes d’oie de la façon la plus directe, parce qu’elle neutralise temporairement leur cause : le mouvement du muscle. Elle est injectée dans la partie latérale du muscle orbiculaire de l’œil et le détend ; l’effet s’estompe au bout de quelques mois. Une revue publiée dans l’Aesthetic Surgery Journal résume deux études randomisées de phase 3 portant au total sur 1 362 participants : après 30 jours, nettement plus de personnes avaient répondu au produit qu’au placebo. Seul effet indésirable survenu chez au moins 1 % des personnes traitées : un gonflement de la paupière. Il s’agit d’un acte médical réalisé avec un médicament, qui doit être confié à une ou un dermatologue, ou à une ou un médecin ayant la formation adéquate. Il en va de même pour le laser, les peelings chimiques ou les produits de comblement : les bénéfices et les risques se discutent dans un cabinet spécialisé, pas au rayon de la droguerie. Les crèmes qui vantent un effet botox ne contiennent d’ailleurs pas de toxine botulique ; pour savoir ce qui se cache derrière, lis l’article sur ce qu’une crème effet botox peut vraiment faire.
Ce n’est plus une question de soins quand une ligne profonde sur ton visage au repos te dérange et que tu veux vraiment qu’elle disparaisse. C’est une décision légitime, mais ce n’est pas une crème qui peut la prendre à ta place.
| Mesure | Agit sur | Ce qui est réaliste | Limite |
|---|---|---|---|
| Soin hydratant | La couche cornée sèche | Les fines ridules s’estompent, la ligne paraît plus douce | L’effet ne dure que tant que tu appliques ton soin |
| Rétinoïde ou bakuchiol | La texture de la peau sur plusieurs mois | Les ridules peuvent paraître moins marquées | La ride d’expression reste ; attention à la tolérance près de l’œil |
| Protection solaire et lunettes de soleil | Les dommages dus aux UV et le plissement des yeux | Freine le creusement des lignes | Ne lisse pas les lignes existantes |
| Toxine botulique | Le mouvement du muscle | Les lignes se lissent nettement, mais temporairement | Acte médical, à renouveler |
Je ne vends délibérément ni crème contour des yeux ni protection solaire, mais deux produits au lieu de huit. Pour les pattes d’oie, cela veut dire, en toute honnêteté : contre des lignes qui se creusent, une protection solaire séparée compte davantage que tout ce que je pourrais mettre dans une crème, car The Shield ne contient pas de FPS. Pour la crème, j’ai choisi le bakuchiol plutôt que le rétinol, parce que dans l’étude comparative, le rétinol provoquait plus souvent desquamation et brûlures, et que je voulais un soin pensé aussi pour les peaux sensibles. Cela ne lisse pas une ride d’expression, et je ne le promets pas non plus. Ce que The Duo peut apporter, c’est de l’hydratation et une barrière cutanée soutenue, pour que les ridules paraissent plus douces. Quant à ses actifs et leurs concentrations, je les publie en toute transparence.
Questions fréquentes
À quel âge apparaissent les pattes d’oie ?
Il n’y a pas d’âge fixe. Quand on sourit, les lignes au coin de l’œil se voient déjà chez les personnes jeunes ; chez beaucoup, elles ne restent marquées sur un visage détendu qu’à un âge plus avancé. Le moment exact dépend fortement de l’exposition au soleil, du type de peau et des expressions du visage. Avoir des pattes d’oie à 30 ans est donc normal et ne signifie pas que ton soin a échoué. Cela montre surtout que tu ris et que tu passes beaucoup de temps dehors.
Peut-on faire disparaître les pattes d’oie ?
Avec des soins, des pattes d’oie bien installées ne disparaissent pas complètement. Les ridules dues à la sécheresse peuvent être nettement atténuées, mais la ride d’expression elle-même ne fait, au mieux, que s’adoucir. Un traitement médical à la toxine botulique peut la lisser temporairement. Ce que tu maîtrises toi-même, c’est le rythme : avec une protection solaire quotidienne et des lunettes de soleil, les lignes se creusent plus lentement.
Les pattes d’oie ne sont-elles que des ridules de déshydratation ?
Non, les pattes d’oie sont des rides d’expression, dues au travail du muscle orbiculaire de l’œil. La sécheresse peut toutefois les faire paraître nettement plus marquées, car de fines ridules se superposent à la ligne principale. Un test simple te permet de faire la différence entre ridules de déshydratation et rides et de savoir ensuite ce que les soins peuvent réellement changer dans ton cas.
Une crème contour des yeux aide-t-elle contre les pattes d’oie ?
Contre les pattes d’oie, une crème contour des yeux n’agit pas fondamentalement autrement qu’un soin visage bien toléré contenant les mêmes actifs : ce qui compte, ce sont les ingrédients et la tolérance, pas l’étiquette. Savoir si un produit dédié aux yeux vaut la peine dépend surtout de la façon dont la peau autour de tes yeux réagit à ton soin visage ; l’article qui explique si une crème contour des yeux est utile ou si ton soin visage suffit t’aide à trancher.
Le rétinol aide-t-il contre les pattes d’oie ?
Le rétinol fait partie des actifs les mieux étudiés contre les ridules et peut, au fil des mois, les rendre moins marquées, y compris au coin de l’œil. Mais la peau fine de cette zone réagit vite par de la desquamation et des brûlures. Commence donc avec un faible dosage, certains soirs seulement et à distance de la paupière. Si tu tolères mal le rétinol, le bakuchiol est une alternative plus douce, qui a obtenu des résultats comparables dans une étude.
Puis-je prévenir les pattes d’oie avec le yoga du visage ?
Il n’existe pour l’instant guère de preuves solides. Les pattes d’oie naissent justement du travail d’un muscle, et rien ne prouve qu’entraîner davantage le muscle orbiculaire de l’œil les lisse. Le yoga du visage peut faire du bien et détendre. Pour la prévention, la protection solaire et les lunettes de soleil sont toutefois nettement mieux étayées.
Que peut faire The Duo contre les pattes d’oie, et que ne peut-il pas faire ?
The Duo est un soin visage composé d’un sérum et d’une crème : il hydrate et soutient la barrière cutanée pour que les ridules paraissent plus douces. Il ne lisse pas une ride d’expression, et comme il ne contient pas de facteur de protection solaire, il te faut en plus une protection solaire en journée. Pour la zone sensible juste autour de l’œil, la réponse sur la crème contour des yeux ci-dessus s’applique.
Sources
- Flament F, Bazin R, Laquieze S, Rubert V, Simonpietri E, Piot B. Effect of the sun on visible clinical signs of aging in Caucasian skin. Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology, 2013. Source
- Dhaliwal S, Rybak I, Ellis SR, Notay M, Trivedi M, Burney W, et al. Prospective, randomized, double-blind assessment of topical bakuchiol and retinol for facial photoageing. British Journal of Dermatology, 2019. Source
- Hughes MC, Williams GM, Baker P, Green AC. Sunscreen and prevention of skin aging: a randomized trial. Annals of Internal Medicine, 2013. Source
- Carruthers A, Bruce S, Cox SE, Kane MA, Lee E, Gallagher CJ. OnabotulinumtoxinA for Treatment of Moderate to Severe Crow's Feet Lines: A Review. Aesthetic Surgery Journal, 2016. Source
